Ce phénomène est aggravé par le manque de récupération nocturne. Des températures qui restent élevées la nuit entraînent inévitablement des troubles du sommeil. Cette privation de repos altère rapidement les fonctions cognitives, provoque une forte irritabilité et génère de l’anxiété. Chez les personnes très âgées, les mesures de confinement et l’isolement social imposés durant les vagues de chaleur accroissent le sentiment de solitude, portant un coup sévère à leur bien-être psychologique.
Les populations en première ligne
Face à ces chaleurs extrêmes, nous ne sommes pas tous égaux. Plusieurs groupes de personnes s’avèrent particulièrement vulnérables aux complications liées à la canicule :
Les personnes âgées (au-delà de 65 ans) : En vieillissant, la capacité physiologique du corps à dissiper la chaleur se réduit considérablement, rendant la thermorégulation beaucoup moins efficace.
Les femmes enceintes : La santé de la mère et celle du fœtus nécessitent une surveillance accrue. Les fortes chaleurs augmentent les risques de décès in utero, de naissances prématurées et de faible poids à la naissance.
Les personnes souffrant de maladies chroniques : Leurs pathologies préexistantes sont souvent exacerbées par l’effort que doit fournir le corps pour se refroidir.
Les personnes en surpoids et les travailleurs en extérieur : Ces derniers, par leur exposition directe et prolongée, accumulent une fatigue thermique dangereuse.
Ménopause et canicule : le thermostat interne déréglé
Il existe une interaction particulièrement éprouvante entre les vagues de chaleur et les périodes de préménopause ou de ménopause. Ce cocktail met littéralement le corps des femmes en état de surchauffe, aggravant ou déclenchant de violentes bouffées vasomotrices (les fameuses bouffées de chaleur).
Il ne s’agit pas d’un simple ressenti, mais d’une réalité neurologique. L’hypothalamus, la zone du cerveau qui fait office de thermostat interne, devient extrêmement sensible aux variations de température durant la ménopause. En temps normal, ce thermostat envoie des signaux pour dilater les vaisseaux sanguins et refroidir le corps lorsque la température interne varie d’environ 1 degré. Chez une femme ménopausée, ce seuil de déclenchement chute à 0,1 degré. L’organisme devient ainsi dix fois plus réactif à la chaleur ambiante, rendant les périodes de canicule particulièrement difficiles à supporter.
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